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Machine à pâte

La machine à pâte est un outil merveilleux et indispensable pour la patouilleuse qui ne souhaite pas avoir des bras de camionneur.

En effet, la MàP (acronyme fort pratique et très utilisé) évite l'usage du rouleau pour écraser
la pâte et permet également de créer des plaques de pâte de différentes épaisseurs,
des plaques de motifs etc.

Qu'est-ce que c'est ?

Au départ la machine à pâte était destinée à la réalisation des pâtes alimentaires (tagliatelles, lasagnes etc.) La MàP se révéla également pratique pour le travail de la polymère dont la texture, lorsqu'elle est conditionnée, se rapproche de celle de la pâte à pasta. Elle fût rapidement adoptée comme un outil indispensable.
On trouve diverses marques de MàP, les plus fiables semblant être de marques italiennes comme Atlas ou Imperia (connues pour leur qualité et leur solidité car fabriquées en acier ou inox) Mais les fabricants de pâte polymère en proposent aussi (Fimo, par exemple)
Les machines à pasta sont souvent fournies avec un accessoire permettant la réalisation de diverses formes de pâtes alimentaires. Cet accessoire n'est pas utilisable, à ma connaissance, avec la pâte polymère et sera mis de côté. Une fixation serre-joint permet de bloquer la MàP sur un plan de travail (voir photo ci-dessus)
Il est également possible d'adjoindre un moteur à certains MàP, celui-ci entraînant les rouleaux et vous évitant de tourner la manivelle.

Comment ça marche ?

Sans entrer dans des détails trop techniques, disons qu'une manivelle permet d'entraîner des rouleaux métalliques placés face à face et entre lesquels la pâte passera.
On peut régler l'écartement entre les 2 rouleaux afin d'obtenir une plaque de pâte épaisse (grand écartement) ou fine (petit écartement)
On peut réaliser plusieurs épaisseurs de plaques avec les MàP dont les molettes de réglage sont graduées de 1 à 6, 1 à 9 etc. suivant les modèles.

Que peut-on faire avec ?

Avec une MàP on peut réaliser

  • des plaques d'une épaisseur constante (ce qu'il est très difficile d'obtenir au rouleau bien que pas impossible) ou égaliser une plaque faite à la main.
  • des plaques d'épaisseurs différentes, d'épaisses jusqu'à ultra fines en plaçant la pâte entre 2 feuilles de papier sulfurisé
  • des dégradés selon la technique de Julie Skinner
  • des motifs tels que des rayures

Quelques conseils ?

  • La pâte doit impérativement être conditionnée avant d'être passée dans la MàP afin de ne pas abimer celle-ci. Une pâte trop dure peut endommager votre MàP. En "forçant" les rouleaux à s'écarter, elle entraîne un écartement trop important de ceux-ci et à la longue c'est irréversible.
  • Une pâte trop collante peut adhérer aux rouleaux et aller se loger derrière ceux-ci et dans divers recoins de la MàP. Il n'y a plus alors qu'à démonter et nettoyer.
  • Si vous avez plusieurs couleurs à passer dans votre MàP pour un projet, commencez par les couleurs claires et avant tout par le blanc. Ainsi vos couleurs claires ne seront pas polluées par les couleurs foncées.
  • Certaines patouilleuses utilisent plusieurs MàP. Au gré des promotions, elles ont acquis des MàP dont l'une est dédiée aux couleurs foncées, l'autre aux couleurs claires, voire une troisième pour le blanc. Personnellement, j'arrive très bien à travailler avec une seule MàP. Je l'entretiens bien, c'est tout.
  • Pour les épaisseurs les plus fines, il arrive que la pâte se déchire ou se colle dans la MàP. La plupart du temps ce problème est du au fait que la pâte est trop "chaude" car il vient d'être travaillé et est donc plus ductile.
    Pour résoudre ce souci (que je rencontre souvent au plus fin réglage de ma machine) je laisse reposer ma pâte si je viens juste de la travailler. Ainsi lorsque j'ai réalisé un beau dégradé que je dois affiner, par exemple, je le passe dans ma MàP après l'avoir laissé "refroidir" 10/15 mn en passant par chaque cran jusqu'au plus fin. Ne pas aller au cran le plus fin directement au risque de tout louper.
    Si je n'ai pas besoin d'une trop grande longueur de pâte, je la glisse entre 2 feuilles de papier sulfurisé que je passe dans la MàP au cran juste avant le plus fin : ma pâte n'adhère pas aux rouleau et elle est bien fine, comme je le souhaitais.

Comment l'entretenir ?

  • Rapidement à chaque utilisation

Nettoyez rapidement votre MàP après chaque couleur en passant un chiffon mouillé à l'acétone sur les rouleaux que vous faites tourner, sur le support, la manivelle qui prend toujours de la pâte venant de vos mains. Cela prend quelques secondes et bien que cela paraisse excessif vous verrez qu'une couleur bien propre à la sortie de la MàP c'est bien mieux qu'une couleur salie qu'il faut nettoyer ou refaire.
Évitez l'usage de lingettes nettoyantes. De mon expérience, elles sont grasses et la pâte que l'on passe ensuite devient elle-même grasse.
Nettoyez à l'acétone. L'acétone dissout la pâte polymère et permet un nettoyage efficace. Par contre, veillez à aérer pendant l'utilisation de l'acétone, ne fumez surtout pas, et fermez bien la bouteille d'acétone entre chaque utilisation car ce produit est extrêmement volatil.

  • Plus sérieusement

Un démontage des racloirs ou de la machine complète est conseillé de temps en temps (chacun décidera de la fréquence de nettoyage selon ses habitudes) afin d'ôter la pâte qui est très douée pour se cacher dans le moindre recoin.
Vous trouverez un tutoriel en français pour le démontage/remontage des machines Imperia ici même sur ce blog et un tutoriel en anglais pour les machines Atlas chez Polymer Clay Central

 

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  • cine52 - 28 septembre 2012

    Merci mille fois pour tous ces conseils! Je crois bien que je vais passer moi aussi à l’acétone, après avoir longtemps utilisé des produits pour vitres, pas très efficaces!!! par contre, aïe le vernis à ongles!!!! (mettons des gants!)
    Je découvre ton blog gràce à « parole de pâte » : tout y est magnifique! Bravo pour tes réalisations toutes plus réussies les unes que les autres!